Comment limiter l’impact de notre activité numérique ?

  Et non, ce n’est pas un poisson d’avril, aujourd’hui je sors un peu de ma ligne éditoriale habituelle pour te parler d’un sujet qui me tient à cœur : l’impact du numérique. J’avais dédié quelques posts (#fridaygreentips) à ce sujet sur la page Facebook du Studio. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant de regrouper ces conseils dans un article. Ce sera plus simple de les retrouver et ça assurera une durée de vie un peu plus grande à ma publication. C’est un sujet dont on pourrait parler pendant des heures… À mon échelle, j’ai décidé de te donner quelques pistes de réflexion et quelques axes d’amélioration sur le sujet.

Pollution numérique : ce n’est pas un faux problème.

Fin 2018, Green IT a estimé l’impact numérique annuel d’un salarié à 800 kg de gaz à effet de serre (GES)… Pour te donner une idée, 1 tonne de CO2 ça correspond à un aller-retour Paris – New York ✈️ !

Selon d’ADEME, les émissions de GES liées au numérique, sont dues :

  • 47% aux équipements des consommateurs (ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés…),
  • 28% aux centres de données (data center in English, c’est tout ce qui sert à stocker et à traiter nos données),
  • 25% aux infrastructures réseau (câbles, antennes, routeurs…).

Alors même si la pollution numérique est « invisible », elle est bel et bien réelle. Pour pouvoir lire cet article, par exemple, tu as besoin d’un périphérique et d’une connexion Internet…

La pollution engendrée par nos équipements numériques 💻📱

La fabrication d’un ordinateur ou d’un smartphone ne peut se passer de l’extraction de matières premières, et entraîne la fabrication de nombreux compostants. Parmi les matières nécessaires à la fabrication d’un appareil électronique, on trouve grosso modo : des métaux, du plastique et du verre. En plus d’entraîner un épuisement des ressources naturelles, l’extraction de certains métaux est une véritable catastrophe écologique… puisqu’elle entraîne l’utilisation d’intrants chimiques qui se retrouvent ensuite dans la nature 🤦‍♀. La fabrication des différents composants de nos appareils entraîne ensuite une consommation d’énergie et de ressources naturelles non négligeables qui vient alourdir le bilan environnemental de nos appareils numériques avant même qu’on ait commencé à les utiliser !

On pourrait se dire qu’aujourd’hui, quasiment tout le monde est équipé et que cet impact est amené à diminuer… Mais non, les objets connectés continuent de se développer et s’invitent dans tous les domaines de notre vie quotidienne. On trouve aujourd’hui une offre immense de drones, d’enceintes connectées, de montres connectées, de lunettes connectées… et même de matelas connectés. Pratique sans doute, mais à quel prix pour la planète ? D’autant plus lorsque l’on sait qu’à l’heure actuelle l’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication de ces appareils est moins coûteuse que leur recyclage… 🤔 Voyons-y le positif : un bel axe d’améliorations s’offre à nous !

 

L’impact de notre vie connectée 🕵‍♂

Lorsqu’on a un ordinateur, c’est quand même dommage de ne pas avoir Internet… 😅 Et Internet sans data center, ça ne serait pas Internet. Un data center, c’est un entrepôt dans lequel on trouve de grandes armoires où sont installés les serveurs. Ceux-ci gardent précieusement nos fichiers, mais pour qu’on puisse y avoir accès n’importe quand, ils sont allumés en permanence ce qui implique de faire appel à des systèmes de refroidissement… Cela va sans dire que c’est, là encore, très énergivore. Et plus on utilise Internet, plus ça consomme.

En effet, chacune de nos activités en ligne a un impact énergétique. Bien sûr, nous consommons de l’électricité simplement en utilisant notre ordinateur. Mais chaque recherche, chaque vidéo visionnée, chaque mail envoyé ou stocké sollicite les serveurs qui consomment de l’électricité et dégagent de la chaleur. Le simple fait de regarder une heure de vidéo sur un téléphone consommerait davantage d’électricité qu’un réfrigérateur pendant toute une année… Voilà, voilà 😶

 

Les 5R du numérique pour limiter ton impact

Dans ma vie perso, je suis impliquée auprès de Zero Waste Nantes. Tu as déjà entendu parler des 5R du Zéro Déchet ? Refuser, réduire, réutiliser, recycler et rendre à la terre… Et bien, ça peut aussi s’appliquer aussi au numérique (bon le rendre à la Terre, on va éviter !) du coup je te propose les 5R du numérique : refuser, réduire, réutiliser, recycler et… ralentir !

Refuser ❌

Selon le Zéro Déchet, ce conseil s’applique surtout aux cadeaux gratuits et à la publicité. On ne pense donc pas directement au numérique… Ceci dit, qui ne s’est jamais vu offrir une clé USB, une calculatrice ou une lampe en guise de cadeau de remerciement ? Peut-être même qu’on t’a déjà offert un cadeau numérique dont tu n’avais pas vraiment besoin. C’est toujours délicat de refuser un cadeau, mais si, parce qu’on ne savait pas quoi t’offrir, on t’offre une montre connectée ou une enceinte Bluetooth dont tu n’as pas besoin ; tu es libre de refuser 😌

Refuser c’est aussi…

  • Privilégier l’occasion plutôt que le neuf. La plupart des gens se séparent de leurs équipements au bout d’un an et demi ou deux ans alors qu’ils pourraient être utilisés bien plus longtemps… mais cela peut te donner accès à de bonnes affaires quand tu as besoin de t’équiper.
  • Éviter de commander en ligne. Se faire livrer ça limite les déplacements, mais ça reste polluant (et ça engendre souvent beaucoup d’emballages). Si vraiment tu dois commander, essaie de te faire livrer en point relais.
  • Ne garder que ce qui nous est utile, que ça soit en ligne (sur le cloud) ou sur nos disques durs. Par ailleurs, j’essaie aussi de stocker un maximum de données localement plutôt qu’en ligne.
  • Dès que possible, se rendre directement aux URLs qui nous intéressent plutôt que de passer par un moteur de recherches (vive les favoris ⭐). Favoriser des moteurs de recherche plus responsables comme Ecosia ou Lilo, c’est chouette aussi  !

Réduire ↘

En matière de réduction, on a une grosse marge de manœuvre :

  • 🥇 Toujours prendre un temps de réflexion avant d’acheter ; pour ça, j’utilise personnellement la méthode BISOU que j’ai découvert dans le livre « J’arrête de surconsommer ! » de Marie Lefèvre et Herveline Verdeken.
  • Réduire nos achats numériques à l’essentiel, privilégier les produit peu énergivores et essayer de regrouper les fonctions (ex : une imprimante qui fait aussi scanner et photocopieuse… ou pas d’imprimante du tout !).
  • Diminuer le poids de nos sites Internet en essayant d’utiliser des thèmes légers, en limitant le Javascript (qui permet les animations), en évitant d’y intégrer des vidéos ou des images lourdes… Double avantage à cette solution : un site léger sera bien mieux référencé 👌. Pour vérifier l’impact de ton site Internet, n’hésite pas à utiliser Ecoindex (qui m’a permis de me rendre compte que j’avais encore du boulot !).
  • Côté mails, en tant que réceptrice, je fais en sorte de trier régulièrement mes boîtes mails (j’en ai 3 : perso, pro et newsletters intéressantes). Je veille aussi à me désinscrire des listes de diffusions des contenus qui ne m’intéressent plus (et des spams) ; d’ailleurs Cleanfox m’a été très utile pour faire un premier tri.
  • En tant qu’émettrice d’e-mails, j’évite les mails dès que possible (je privilégie Whatsapp avec mes clientes). Quand je dois partager une pièce jointe, je fais en sorte de privilégier les sites de stockages temporaires. J’ai des dossiers Drive avec mes clientes du coup je veille à les nettoyer de temps en temps…
  • Si, comme moi, tu écoutes de la musique ou des podcasts en travaillant, je t’invite à privilégier lecteur audio, plutôt vidéo… d’autant plus si tu sais que tu ne vas pas regarder l’écran parce que tu travailles.
  • Pour finir cette partie, des p’tites choses toutes simples : penser à couper tes multiprises en allant de coucher, la base (tropsouvent négligée). Mais aussi éteindre ton écran d’ordinateur quand tu ne l’utilise pas, désactiver le WiFi / le bluetooth de tes appareils quand tu n’en as pas besoin… Et pourquoi pas les données mobiles de ton téléphone (🍒→ 🍰).

Réutiliser (ou réemployer) 🌀

Avant de commencer, je te conseille de prendre soin de tes appareils, cela passe par leur protection extérieure. Le film en verre trempé et les coques/étuis sont vraiment essentiels si tu as une tendance à la maladresse… Bien sûr, la protection, ça passe aussi par le nettoyage « intérieur » de tes outils (👋 hello disque dur interne) et la lutte contre leur surchauffe.

  • Si l’un de tes appareils te lâche, essaie de le réparer (ou de le faire réparer) avant de t’en séparer.
  • Pour différentes raisonsonpeut avoir besoin de se séparer d’un appareil, numérique  ou non, encore fonctionnel… dans ce cas, n’hésite pas à le revendre, à le donner ou à le déposer dans une recyclerie. Même si toi tu ne l’estime plus, il peut faire le bonheur que quelqu’un d’autre ✨

Recycler ♻

  • Éviter de garder un vieux téléphone ou un vieil ordinateur à la maison « au cas où ». Il y a de grandes chances pour que tu ne t’en serves plus jamais, en revanche ses composants très précieux pourraient être réutilisés… Ou s’avérer vraiment utile pour d’autres personnes.
  • Bien sûr, un appareil électronique qui ne fonctionne plus, ça ne se jette pas n’importe où. Il existe des espace de collectes (liste sur Ecosystem) et des locaux dédiés dans les déchèteries. Si tu remplaces ton appareil par un neuf, tu peux aussi déposer l’ancien en boutique.

Ralentir 🐢

Notre utilisation de l’informatique, d’Internet et des réseaux sociaux est devenue tellement « naturelle » que je ne pouvais pas terminer cet article sans en parler. Plutôt que de rendre à la terre, j’ai donc décidé de t’inviter à ralentir…

  • En partageant du contenu pertinent et utile, plus que de partager du contenu pour du contenu… N’hésite pas à te renseigner sur le Slow Content dont les trois piliers sont l’utilité, la durabilité et la raison.
  • En déconnectant plus souvent : j’ai moi-même du mal à lâcher mon téléphone, j’ai la « recherche – facile », mais j’essaie de m’accorder de plus en plus de moments sans écran 🎯.
  • Youtube et Netflix ne sont pas indispensables à une soirée réussie : voir du monde, refaire le monde, discuter à la belle étoile, jouer, lire, écrire, dessiner… ça fait du bien !

Pour conclure

Les outils numériques et Internet font partie de nos vies, c’est un fait. Difficile de s’en passer, d’autant plus pour moi puisque ça fait partie de mon métier. Ceci dit, je fais de mon mieux pour réduire mon impact numérique et j’espère que cet article t’aura donné quelques pistes pour agir à ce niveau-là.

💬 N’hésite pas à me partager tes idées pour limiter la pollution numérique !

Sources de l’article :
Le rapport de l’étude Green IT parue sur le site de la WWF.
Le guide pratique la face cachée du numérique de l’ADEME.

Si tu veux approfondir :
Je t’invite vivement à consulter la restitution du Workshop des Entrepreneures Bienveillantes sur la communication digitale.

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